Soutenance de thèse : Tofie Briscolini (18 septembre 2025)
Tofie Briscolini, doctorante à EVS (CNRS UMR 5600), soutient sa thèse de doctorat le jeudi 18 septembre 2025 à 14h, à la Maison des Sciences sociales et des Humanités – MSH (14 avenue Berthelot, 69007 Lyon) dans la salle Marc Bloch.
Sa thèse est intitulée « Parcourir la ville en quête de droits. Ethnographie des mobilités d’usager.es d’un CHRS de l’agglomération lyonnaise ». Elle a été dirigée par Denis Cerclet et Marie Augendre (Université Lumière Lyon 2 / EVS UMR 5600).

Cette thèse résulte d’une recherche sur les mobilités quotidiennes et urbaines d’usager∙es d’un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) dans l’agglomération lyonnaise, reposant sur une démarche anthropologique. Par usager∙es, nous entendons à la fois les personnes qui y vivent collectivement dans le cadre d’un séjour supposé temporaire et dont la plupart ont fait l’expérience d’un parcours de sans-abrisme, et les travailleur∙euses sociaux∙ales dont l’objectif, au sein de l’établissement, est l’autonomisation des précédent∙es par la mise en œuvre de l’aide sociale. Les mobilités occupent une place importante dans les sociétés contemporaines ; Mathis Stock les définit de « sociétés à individus mobiles » (2005). Cette thèse s’attache à comprendre, définir et caractériser les pratiques mobiles quotidiennes des usager∙es d’un CHRS dans une perspective de compréhension des inégalités socio-spatiales. Nous observons les multiples parcours quotidiens dans la ville. Ces parcours relèvent à la fois d’un « agir urbain » (Agier, 2015) (activités informelles, maintien de relations sociales de solidarité, recherche de mieux-être, mais aussi conflictualités du fait d’un partage de l’espace public) et à la fois d’une perspective d’accès aux droits (services de santé, services administratifs, etc.), deux composantes du « droit à la ville » (Lefebvre, 1967). Mais, ces parcours multiples, aux variations spatiales (dans le quartier ou à travers l’agglomération lyonnaise) et temporelles (des parcours tant réguliers que plus ponctuels) sont jalonnés d’épreuves. Ces dernières articulent le parcours biographique marqué par l’expérience de l’oppression et le parcours urbain. Enfin, parcourir la ville, répond à l’un des objectifs de l’intervention sociale réalisée par les membres de l’équipe professionnelle : la mobilité est l’objet d’un travail de care pour accéder aux différents services composant le circuit assistanciel. Notre méthodologie de recherche est composée d’une enquête ethnographique menée pendant près de deux ans entre 2020 et 2023, à laquelle s’ajoutent des parcours partagés ainsi que l’usage de la photographie et de la cartographie. L’enquête ethnographique est également alimentée d’une démarche de recherche dite impliquée. Nous nous sommes inspirés du care comme éthique de la situation (Hennion et Vidal-Naquet, 2015) pour déambuler à la fois parmi et entre les différents groupes sociaux et la relation assistancielle.
Le jury est composé de :
- Marie Augendre, maitresse de conférences en géographie, Université Lumière Lyon 2, directrice de thèse.
- Bianca Botea, professeure en anthropologie, Université Lumière Lyon 2, présidente du jury.
- Denis Cerclet, professeur émérite en anthropologie, Université Lumière Lyon 2, directeur de thèse.
- Baptiste Godrie, professeur adjoint en sociologie, Université de Sherbrooke, examinateur.
- Corinne Luxembourg, professeure en géographie et aménagement, Université Sorbonne Paris Nord, examinatrice.
- Anne Raulin, professeure émérite en anthropologie, Université Paris Nanterre, rapporteure.
- Stéphane Rullac, professeur ordinaire en sociologie, Haute école de travail social et de la santé de Lausanne, rapporteur.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
AnthropoLyon (7 septembre 2025). Soutenance de thèse : Tofie Briscolini (18 septembre 2025). Anthropologie à Lyon 2. Consulté le 10 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14lxe


